Papillons Blancs de Bergerac (24) : dialogue rompu entre direction et salariés

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Le syndicat CGT des Papillons Blancs a rompu tout dialogue social avec la direction de l’association et demande la dissolution du bureau du conseil d’administration.

C’est un point de rupture qui est aujourd’hui atteint entre représentants CGT des personnels et direction des Papillons Blancs. Un climat social gangrené qui ne doit rien au hasard. Le malaise couve en effet depuis plusieurs mois. « Trop d’opacité et d’incohérences dans le fonctionnement de l’institution nous ont poussé à demander en octobre dernier une expertise sur les orientations stratégiques et les comptes associatifs », indique le syndicat. L’étude est alors confiée au cabinet bordelais Sécafi qui n’a pas tardé à rendre ses conclusions qui, aux yeux de la CGT, suscitent de nombreuses interrogations, notamment sur le plan éthique.

« Plus de deux mille euros de frais par mois du président »

Ce rapport révèle notamment les dépenses aussi dispendieuses que pantagruéliques du président des Papillons Blancs. L’association débourse en effet chaque année plus de vingt mille euros pour les seuls frais de bouche et de déplacements du sieur Francis Papatanasios. Outre le fait que ce dernier utilise son véhicule personnel plutôt que celui de fonction qui lui est dédié, ce ne sont pas moins de vingt-six mille kilomètres qu’il parcourrait par an, et plus de onze mille euros qu’il engloutirait en restaurant… Le cabinet note en parallèle le peu de précisions dans les justificatifs, et les difficultés à rapprocher la dépense avec le mandat de président. Notons qu’ici on parle d’argent public destiné à la prise en charge d’enfants handicapés et encadrés par des salariés dont le minimum conventionnel des rémunérations est bloqué en-deça du Smic. Alors quand Francis Papatanasios mange pour quarante-huit euros par jour, et qu’usagers et personnels doivent se contenter d’une assiette à trois euros, on frôle clairement l’indigestion. A ces indemnisations de frais, s’ajoute également le paiement de sommes importantes pour congès non pris du temps où le président était encore directeur. Pour rappel, tout salarié qui ne pose pas ses congès les perd, c’est ce qui s’appelle le Code du Travail. Francis Papatanasios semble en méconnaître les règles, comme celles de son association qu’il ne s’applique pas à lui-même. Et c’est justement cette différence de traitement que dénonce la CGT aujourd’hui.« Tous les salariés s’attachent au quotidien à travailler dans le respect des personnes vulnérables qu’ils accompagnent et des valeurs associatives d’éthique et de morale, or ce type de fonctionnement et de comportement ne sont en rien en adéquation avec celles-ci ». La direction et le con-seil d’administration sont restés sourds aux alertes du syndicat, pire la CGT évoque même agressions verbales et intimidations de leur part. « C’est pourquoi, nous avons décidé de rompre tout dialogue social tant qu’il n’y aura pas de remise en cause de ce système, et demandons la dissolution du bureau du conseil d’administration. Nous espérons que les parents des enfants que nous accompagnons chaque jour se saisissent de l’opportunité de l’assemblée générale associative qui aura lieu le 29 juin pour faire entendre leur voix ». Rendez-vous est donné à 10 h 30 au siège social de l’association.

(Article tiré de E-Echo.info du 19/06/2019)